Guide des VGP

VGP : définition, liste des VGP obligatoires et périodicités

La VGP, ou vérification générale périodique, est le contrôle que l'employeur doit faire réaliser à intervalles réguliers sur certains équipements de travail, « afin que soit décelée en temps utile toute détérioration susceptible de créer des dangers » (Code du travail, art. R4323-23). Pour les appareils de levage, l'arrêté du 1er mars 2004 fixe le rythme : 12 mois en règle générale, 6 mois pour une liste d'appareils mobiles et pour les appareils motorisés qui lèvent des personnes, 3 mois pour les appareils actionnés à la main qui servent à élever un poste de travail.

12 mois Levage, cas général
6 mois Chariots, nacelles, grues mobiles
3 mois Presses à chargement manuel, plates-formes mues à la main

La VGP en bref

  • Signification : vérification générale périodique
  • Définition : Code du travail, art. R4323-23
  • Levage : arrêté du 1er mars 2004, art. 22 à 24
  • Vérificateur : personne qualifiée, interne ou externe
  • Preuve : rapport et registre de sécurité

Les trois vérifications prévues par le Code du travail

La VGP est l'une des trois vérifications qu'un équipement de travail peut devoir subir au cours de sa vie.

Vérification de mise en service

Prévue par l'article R4323-22. Elle a lieu avant la première utilisation et s'assure que l'équipement est installé selon les spécifications et peut servir en sécurité. Pour un appareil de levage, elle comprend au moins un examen d'adéquation aux travaux prévus et, selon les cas, des essais ou des épreuves.

Vérification générale périodique

Prévue par l'article R4323-23. Elle revient à date fixe pendant toute la vie de l'équipement. Les arrêtés propres à chaque famille d'équipements en fixent la périodicité, la nature et le contenu : c'est le contrôle VGP au sens strict.

Vérification de remise en service

Prévue par l'article R4323-28, après un démontage et remontage ou une modification qui touche à la sécurité. Pour le levage, s'y ajoutent le changement de site ou de configuration, la réparation d'un organe essentiel et l'accident dû à sa défaillance (arrêté du 1er mars 2004, art. 20).

Liste des VGP obligatoires : appareils et accessoires de levage

Délais maximums entre deux VGP fixés par l'arrêté du 1er mars 2004 (art. 23 et 24) : l'évaluation des risques peut imposer plus court.

Chariots élévateurs

VGP tous les 6 mois

Chariots automoteurs élévateurs, à conducteur porté ou non : liste de l'art. 20-II, donc VGP semestrielle (art. 23). Selon l'INRS, chaque équipement interchangeable est vérifié dans sa configuration.

Nacelles (PEMP)

VGP tous les 6 mois

Plates-formes élévatrices mobiles de personnes : 6 mois (art. 20-II et 23), 3 mois pour une plate-forme mue à la main. Une nacelle n'a jamais de VGP annuelle.

Grues mobiles

VGP tous les 6 mois

Grues automotrices ou sur porteur, sans montage de parties importantes : 6 mois. Démonter et remonter une flèche treillis impose une remise en service (INRS).

Grues auxiliaires de chargement

VGP tous les 6 mois

Grues montées sur véhicule pour le charger et le décharger : 6 mois, dans chaque configuration d'emploi, par exemple avec un panier.

Hayons élévateurs

VGP tous les 6 mois

Hayons de véhicules, cités dans l'annexe et à l'art. 20-II de l'arrêté : VGP tous les 6 mois. Norme de produit : NF EN 1756-1.

Monte-meubles

VGP tous les 6 mois

Monte-meubles de déménagement : même liste de l'art. 20-II, donc 6 mois, comme les monte-matériaux de chantier.

Bras de levage de bennes

VGP tous les 6 mois

Bras et portiques de levage pour bennes amovibles : 6 mois. La benne elle-même est une charge. Benne tasseuse à chargement manuel : 3 mois (arrêté du 5 mars 1993).

Grues à tour

VGP tous les 12 ou 6 mois

12 mois pour une grue montée par éléments, 6 mois pour une grue à montage rapide ou automatisé sur stabilisateurs. Examen approfondi au moins tous les 5 ans, sauf si le carnet de maintenance prouve les examens prescrits par le fabricant (arrêté du 3 mars 2004).

Ponts roulants et portiques

VGP tous les 12 mois

Ponts roulants, portiques, palans et treuils motorisés à poste fixe : cas général de l'art. 23, une VGP tous les 12 mois.

Accessoires de levage

VGP tous les 12 mois

Élingues, palonniers, pinces auto-serrantes, aimants, ventouses, clés de levage : tous les 12 mois (art. 24).

Matériel de garage

VGP tous les 12 mois

Pont élévateur : 12 mois. Cric et grue d'atelier : 12 mois, 6 mois s'ils changent de site, selon l'INRS. Table élévatrice qui lève des personnes : 6 mois.

Contrôle VGP : que vérifie-t-on ?

Pour un appareil de levage, la VGP a deux volets (arrêté du 1er mars 2004, art. 22) : un examen de l'état de conservation et des essais de fonctionnement. Elle ne cherche pas à prouver la résistance de l'appareil à sa charge maximale, mais à déceler à temps l'usure et les détériorations.

Selon l'INRS, les essais se font le plus souvent à la charge maximale d'utilisation, avec de vraies charges : un effort mesuré au dynamomètre ne les remplace pas (ED 6339). Un rapport sans observation ne prouve pas non plus que l'appareil est conforme aux règles de conception : la VGP porte sur son état, pas sur sa conception.

  • Examen de l'état de conservation : un « examen visuel détaillé » qui passe en revue freins, calage au repos, dispositifs de contrôle de la descente, poulies, limiteurs, crochets, câbles et chaînes (art. 9).
  • Essais de fonctionnement : efficacité des freins et des limiteurs de course, déclenchement des limiteurs de charge et de moment de renversement (art. 6).
  • Aucune surcharge : la VGP ne comporte ni épreuve statique ni épreuve dynamique ; ces épreuves n'ont lieu qu'aux vérifications de mise en service et de remise en service.
  • Accessoires : on y recherche déformation, hernie, étranglement, toron cassé, fils cassés en trop grand nombre et linguet détérioré (art. 24).

Qui peut réaliser une VGP ?

Toute personne qualifiée, salariée de l'entreprise ou extérieure, peut réaliser une VGP. L'article R4323-24 du Code du travail exige qu'elle soit compétente dans la prévention des risques de l'équipement et qu'elle connaisse la réglementation. La liste des vérificateurs retenus doit pouvoir être présentée à l'inspection du travail.

C'est ce qui permet à une entreprise de confier ses VGP à un salarié formé, le vérificateur interne, plutôt qu'à un prestataire à chaque échéance.

  • Aucun agrément obligatoire : l'accréditation Cofrac est un moyen de justifier la compétence, pas une condition (INRS, ED 6339).
  • Trois cas réservés à un organisme accrédité : la vérification demandée par l'inspection du travail (R4722-5), l'appareil conçu pour une seule opération de levage (art. 26) et la vérification expérimentale quand les essais sont impossibles (art. 25).
  • Un œil neuf sur l'appareil : l'INRS (ED 828) note que l'utilisateur habituel du matériel peut être déconseillé comme vérificateur, car il « peut s'être adapté à un fonctionnement dégradé ».
  • Indépendants du BTP : ils peuvent vérifier eux-mêmes leurs équipements s'ils remplissent les mêmes critères de compétence (art. R4535-7).
Formation VGP : devenir vérificateur interne

Rapport, registre de sécurité et documents à conserver

Chaque VGP laisse une trace écrite que l'employeur doit pouvoir présenter à l'inspection du travail.

  • Rapport : pour le levage, un rapport provisoire est remis dès la fin de la visite ; le rapport complet parvient au chef d'établissement sous quatre semaines (arrêté du 1er mars 2004, art. 3).
  • Registre de sécurité : les résultats y sont portés sans délai ; le rapport d'un vérificateur extérieur y est joint (R4323-25 et R4323-26). Le registre peut être tenu sur papier comme sous une autre forme (R4323-27).
  • Conservation : 5 ans, et dans tous les cas les deux dernières vérifications (art. D4711-3).
  • Carnet de maintenance : obligatoire pour les appareils de levage (R4323-19 et arrêté du 2 mars 2004).
  • Appareil loué : sa notice, une copie du rapport de première mise en service, une copie de la dernière VGP et l'historique des VGP doivent figurer sur l'appareil ou, à défaut, à proximité (art. 15).
  • Pastille de vérification : elle n'indique que la date de la dernière vérification ; pour l'INRS, elle ne dit « en aucun cas » que l'appareil est en bon état.

VGP dépassée : ce que disent les textes

Les périodicités sont des délais maximums. Un équipement dont la VGP est dépassée n'est plus en règle tant que la vérification n'a pas été faite. L'inspection du travail peut en outre exiger une vérification par un organisme accrédité (R4722-5). Selon l'INRS, l'administration du travail peut aussi imposer une périodicité plus courte par mise en demeure (ED 6339, qui cite R4721-1).

Plusieurs arrêtés en font même une condition d'utilisation : l'équipement doit avoir été vérifié « depuis moins de » 3 ou 12 mois au moment où on s'en sert.

  • Presses et compacteurs chargés ou déchargés à la main : moins de 3 mois ; engins de terrassement : moins de 12 mois (arrêté du 5 mars 1993).
  • EPI antichute, appareils respiratoires d'évacuation ou d'intervention, gilets gonflables : moins de 12 mois, en service comme en stock (arrêté du 19 mars 1993).
  • Échafaudages : pas d'utilisation sans examen approfondi de moins de 3 mois (arrêté du 21 décembre 2004, art. 6).

Pour les chariots, nacelles, grues mobiles et autres appareils listés à l'art. 20-II de l'arrêté du 1er mars 2004, une VGP en retard a une autre conséquence : la dispense de vérification de remise en service après un simple changement de site ne joue que si la dernière VGP date de moins de 6 mois.

L'arrêté du 1er mars 2004 en bref

L'arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage est le texte de base des VGP du levage. Publié au Journal officiel du 31 mars 2004, il a remplacé l'arrêté du 9 juin 1993 ; ses dernières modifications datent de 2009 et de 2010.

  • Champ : toute machine, même mue à la main, qui déplace une charge ou des personnes avec un changement de niveau significatif, et les accessoires placés entre la machine et la charge (art. 2).
  • Exclusions : ascenseurs et monte-charges installés à demeure, transpalettes qui décollent juste la charge du sol, convoyeurs, camions à plateau inclinable (annexe).
  • Vérifications : mise en service (art. 12 à 17), remise en service (art. 18 à 21), VGP (art. 22 à 24), vérifications par organisme accrédité (art. 25 et 26).
  • Notions : examen d'adéquation, examen de montage et d'installation, essai de fonctionnement, examen de l'état de conservation, épreuves statique et dynamique (art. 5 à 11).
  • Vocabulaire : les mots « complète » et « intégrale » n'y désignent aucun type de vérification. Chez KSH Formation, « complet » et « intégral » sont les noms de deux parcours de formation, selon le nombre d'appareils étudiés.

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FAQ

Questions fréquentes sur les VGP

Les réponses courtes aux questions les plus fréquentes sur les VGP.

VGP signifie vérification générale périodique. C'est le contrôle qu'un employeur doit faire réaliser à intervalles fixes sur certains équipements de travail pour déceler à temps toute détérioration dangereuse (Code du travail, art. R4323-23). Sa périodicité et son contenu sont fixés par arrêté, famille d'équipements par famille d'équipements.

Sont soumis à VGP, entre autres, les appareils et accessoires de levage (arrêté du 1er mars 2004), les engins de terrassement et les presses ou compacteurs chargés ou déchargés à la main (arrêté du 5 mars 1993), les échafaudages (arrêté du 21 décembre 2004) et certains EPI (arrêté du 19 mars 1993) : systèmes antichute, gilets de sauvetage gonflables, appareils respiratoires d'évacuation ou d'intervention en milieu hostile, stocks de cartouches antigaz. Chaque texte fixe sa propre périodicité.

L'arrêté du 1er mars 2004 (art. 23) impose 6 mois notamment aux chariots élévateurs, nacelles PEMP, grues mobiles, grues auxiliaires, hayons, monte-meubles, bras de levage de bennes, grues à tour à montage rapide ou automatisé sur stabilisateurs et engins de terrassement équipés pour le levage. Tout appareil motorisé qui lève des personnes y est aussi soumis.

Une personne qualifiée, salariée de l'entreprise ou extérieure, compétente sur les risques de l'équipement et qui connaît la réglementation (art. R4323-24). Aucun agrément n'est exigé dans le cas général. Un organisme accrédité n'est imposé que dans quelques cas, par exemple quand l'inspection du travail demande la vérification.

Le vérificateur remet un rapport : pour le levage, un rapport provisoire en fin de visite, puis le rapport définitif sous quatre semaines. L'employeur porte les résultats au registre de sécurité, garde les rapports au moins 5 ans (art. D4711-3) et tient le carnet de maintenance des appareils de levage.

Une VGP couvre l'équipement jusqu'à l'échéance suivante, fixée par sa périodicité : 12, 6 ou 3 mois pour les appareils de levage, selon l'appareil. Passé cette date, l'équipement n'est plus en règle tant qu'il n'a pas été vérifié. L'INRS rappelle qu'une pastille de vérification donne seulement la date du dernier contrôle, et rien sur l'état de l'appareil.