Conduite d'engins

Autorisation de conduite : AFCS ou CACES, quelle différence ?

L'autorisation de conduite est le document par lequel l'employeur autorise un salarié formé à conduire un engin qui présente des risques particuliers : chariot élévateur, nacelle, grue, engin de chantier. Elle est obligatoire pour ces engins, le CACES ne l'est pas. L'employeur la délivre après une formation, au vu de l'attestation de non contre-indication médicale du médecin du travail, d'un contrôle des connaissances et du savoir-faire, et de la connaissance des lieux et des consignes du site. L'AFCS désigne une formation à la conduite en sécurité, conclue par une attestation de formation remise par l'organisme qui forme le conducteur ; le CACES est un certificat facultatif délivré par un organisme testeur certifié. Aucun des deux ne remplace l'autorisation, que seul l'employeur délivre.

6 Familles d'engins soumises
5 ans Attestation médicale
14 h AFCS chez KSH, 7 h pour les ponts roulants

En bref

  • Qui la délivre : l'employeur, jamais l'organisme de formation
  • Engins visés : chariots, nacelles, grues, engins de chantier
  • Médecin du travail : attestation de non contre-indication, valable 5 ans
  • CACES : un moyen d'évaluation possible, pas une obligation

Qu'est-ce qu'une autorisation de conduite ?

Une autorisation de conduite est un document interne à l'entreprise, établi et signé par l'employeur, qui autorise un salarié précis à conduire un ou plusieurs équipements de travail. Le Code du travail l'exige pour certains engins : « La conduite de certains équipements présentant des risques particuliers […] est subordonnée à l'obtention d'une autorisation de conduite délivrée par l'employeur » (article R4323-56).

Ce n'est ni un diplôme ni un permis, et ce n'est pas l'organisme de formation qui la délivre. L'arrêté du 26 septembre 2025 le précise : l'autorisation est « établie et délivrée au travailleur par le chef d'établissement sur la base d'une évaluation ». Le formateur, interne ou extérieur, et le testeur CACES apportent les éléments de cette évaluation ; la décision revient à l'employeur.

Deux cas particuliers. Pour un intérimaire, l'entreprise de travail temporaire forme et évalue le salarié, mais c'est l'entreprise utilisatrice qui délivre l'autorisation. Un jeune travailleur peut conduire ces engins dès 15 ans s'il a reçu la formation prévue à l'article R4323-55 et s'il est titulaire de l'autorisation de conduite, qui suppose l'attestation médicale (article R4153-51 du Code du travail).

Quels engins nécessitent une autorisation de conduite ?

Six familles d'équipements, listées à l'article 2 de l'arrêté du 26 septembre 2025 relatif à la formation à la conduite. Les arrêtés du 26 septembre 2025 ont abrogé ceux du 2 décembre 1998 en reprenant la même liste :

Pour les autres équipements de levage et engins mobiles automoteurs, l'autorisation n'est pas exigée, mais la formation l'est : « La conduite des équipements de travail mobiles automoteurs et des équipements de travail servant au levage est réservée aux travailleurs qui ont reçu une formation adéquate » (article R4323-55).

C'est le cas des ponts roulants et des portiques. Absents de la liste, ils relèvent de la recommandation R484 de la Cnam, qui conseille de délivrer une autorisation de conduite après formation et évaluation. Notre formation pont roulant R484 se conclut par cette évaluation.

Comment délivrer une autorisation de conduite : les trois conditions

L'employeur fonde sa décision sur une évaluation qui tient compte de trois éléments, fixés par l'article 3 de l'arrêté du 26 septembre 2025. Aucun des trois ne peut manquer.

1. L'attestation de non contre-indication médicale. Le médecin du travail la délivre ; elle est valable 5 ans et suit le salarié s'il change d'employeur. L'employeur en garde une copie. Elle a remplacé l'avis d'aptitude le 1er octobre 2025 (décret n° 2025-355 du 18 avril 2025) ; un avis d'aptitude délivré avant cette date vaut attestation pendant 5 ans à compter de sa délivrance.

2. Le contrôle des connaissances et du savoir-faire. L'arrêté demande « un contrôle des connaissances et du savoir-faire de l'opérateur pour la conduite en sécurité ». Il suppose une formation préalable, puis une évaluation théorique et pratique sur l'engin. Le CACES est une façon de faire ce contrôle ; l'évaluation d'un formateur interne ou d'un organisme de formation en est une autre.

3. La connaissance des lieux et des instructions. Le texte vise « une connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le ou les sites d'utilisation ». Elle se transmet sur place, avec les consignes propres à l'entreprise, pour chaque site où l'engin est utilisé.

L'autorisation n'est valable que tant que ces conditions restent remplies. Quand l'attestation médicale arrive à échéance, l'autorisation cesse d'être valable avec elle : l'employeur vérifie la nouvelle attestation avant de la renouveler.

Modèle d'autorisation de conduite à recopier

CACES et autorisation de conduite : le comparatif

Le CACES (certificat d'aptitude à la conduite en sécurité) est un certificat obtenu après des épreuves théoriques et pratiques, passées devant le testeur d'un organisme testeur certifié. L'autorisation de conduite est la décision de l'employeur. Le premier peut servir à fonder la seconde, mais il n'est pas obligatoire. La fiche du ministère du Travail sur l'autorisation de conduite l'écrit en ces termes : « seule la formation est obligatoire, elle peut être dispensée au sein de l'établissement ou assurée par un organisme de formation spécialisé. Le CACES n'est pas obligatoire ».

Une réponse ministérielle publiée au Journal officiel le 24 mars 2026 va dans le même sens : « Si le CACES est reconnu comme un bon moyen pour l'employeur de satisfaire à l'obligation de formation, sa détention n'est cependant pas obligatoire. »

CACES

  • Nature : un certificat, marque déposée de la Cnam
  • Qui le délivre : un organisme testeur certifié, après des tests théoriques et pratiques
  • Référentiel : 8 recommandations de la Cnam (R482, R483, R484, R485, R486, R487, R489 et R490), soit 33 catégories, applicables depuis le 1er janvier 2020
  • Durée : 5 ans, 10 ans pour les engins de chantier (R482)
  • Obligatoire : non

Autorisation de conduite

  • Nature : un document interne, signé par l'employeur
  • Qui la délivre : le chef d'établissement, ou l'entreprise utilisatrice pour un intérimaire
  • Repose sur : l'attestation médicale, le contrôle des connaissances et du savoir-faire, la connaissance des lieux
  • Durée : aucune fixée par un texte, tant que les conditions sont remplies
  • Obligatoire : oui, pour les six familles d'engins de l'arrêté

Les recommandations de la Cnam « ne constituent pas une réglementation » : elles décrivent de bonnes pratiques et servent de référentiel au CACES. Si un client ou un donneur d'ordre exige le CACES dans son cahier des charges, il faut passer les tests chez un organisme testeur certifié, dont l'INRS publie la liste.

À ne pas confondre non plus avec la VGP, qui contrôle l'état de l'engin et non les compétences de son conducteur. Les deux obligations se cumulent, comme l'explique notre comparatif VGP ou CACES : quelle différence.

Autorisation de conduite sans CACES : c'est possible

Oui, l'employeur peut délivrer l'autorisation de conduite à un salarié qui n'a pas de CACES. Il s'appuie alors sur une formation et une évaluation faites en interne ou par un organisme de formation spécialisé. La réponse ministérielle du 24 mars 2026 le dit expressément : la formation peut être « assurée par un organisme de formation spécialisé ne délivrant pas un CACES ».

La condition est que l'évaluation porte vraiment sur les connaissances et sur le savoir-faire de conduite. Aucun texte ne fixe la durée de la formation : elle doit être adaptée à l'engin, aux tâches et au salarié. L'annexe 2 de chaque recommandation CACES propose un référentiel de contenu minimal, utile pour bâtir le programme.

Une formation uniquement théorique ne suffit pas, puisque l'arrêté exige un contrôle du savoir-faire, qui se fait sur l'engin. La théorie peut se suivre à distance ; la pratique et son évaluation se font en présentiel.

L'AFCS de KSH Formation : former et évaluer avant l'autorisation

AFCS est le nom que nous donnons à nos formations à la conduite en sécurité (« AFCS – Formation à la conduite en sécurité » dans notre catalogue). Le sigle n'est défini par aucun texte officiel. Ces formations apportent l'un des trois éléments que l'arrêté demande à l'employeur de vérifier : le contrôle des connaissances et du savoir-faire, par une évaluation théorique et pratique. L'attestation médicale et la connaissance des lieux restent à réunir par l'employeur.

  • Référentiel : la recommandation de la Cnam propre à chaque engin (R489, R486, R482, R483, R490, R484).
  • Contenu : cadre réglementaire et responsabilités du conducteur, risques et prévention, signalisation et communication, vérifications courantes, exercices de conduite et de manœuvre.
  • Durée : 14 h (2 jours) ; 7 h (1 jour) pour les ponts roulants.
  • Lieu : dans vos locaux, en intra-entreprise ; théorie possible en visio, pratique en présentiel.
  • Public : conducteurs débutants ou expérimentés qui doivent obtenir l'autorisation de leur employeur.
  • Évaluation : théorique et pratique ; une attestation de formation est remise aux participants qui ont validé les épreuves.
  • Financement : KSH Formation est certifié Qualiopi (certificat QUA008768, ICPF) ; une prise en charge par votre OPCO est possible selon ses critères.

KSH Formation n'est pas organisme testeur certifié : nos formations ne font pas passer le CACES. L'autorisation de conduite reste signée par l'employeur, qui s'appuie sur notre attestation de formation et sur les résultats de l'évaluation.

Prise en charge OPCO : les démarches

Recyclage : quand renouveler la formation et l'autorisation ?

Aucun texte ne fixe de périodicité pour l'autorisation de conduite. Le Code du travail demande que la formation soit « complétée et réactualisée chaque fois que nécessaire » (article R4323-55).

L'échéance de l'attestation médicale, au bout de 5 ans, oblige à revoir l'autorisation. D'autres moments s'y prêtent : l'arrivée d'un nouvel engin ou d'un nouveau site qui ne figurent pas sur l'autorisation en cours, la fin de validité d'un CACES (5 ans, 10 ans pour la R482). Pour les nacelles, la recommandation R486 prévoit une réactualisation des connaissances et du savoir-faire au moins tous les 5 ans.

Nos formations AFCS accueillent aussi des conducteurs expérimentés : elles permettent de remettre à jour les connaissances et de refaire l'évaluation avant de renouveler l'autorisation.

Modèle d'autorisation de conduite à recopier

Voici un exemple de document, construit à partir des éléments que l'arrêté du 26 septembre 2025 demande à l'employeur de prendre en compte. Recopiez-le sur un papier à en-tête de l'entreprise, remplacez les passages entre crochets et adaptez-le à vos engins et à vos sites. C'est un exemple à adapter, sans valeur juridique propre.

1. L'employeur et le salarié

  • Entreprise : [raison sociale], [adresse de l'établissement], SIRET [numéro]
  • Représentée par : [nom et prénom], [fonction]
  • Salarié autorisé : [nom et prénom], [poste occupé]
  • Intérimaire : le cas échéant, mis à disposition par [entreprise de travail temporaire]

2. Les équipements autorisés

  • Famille d'équipements : [par exemple chariot automoteur à conducteur porté, nacelle, grue auxiliaire]
  • Type ou catégorie : [par exemple catégorie 3 de la R489, catégorie A de la R486]
  • Options : [le cas échéant, télécommande, chargement sur porte-engins]
  • Sites d'utilisation : [établissement, atelier, chantier]

3. Les éléments de l'évaluation

  • Attestation de non contre-indication médicale : délivrée le [date] par le médecin du travail, valable jusqu'au [date] ; copie conservée par l'employeur
  • Formation suivie : [intitulé], [organisme], du [date] au [date], [durée] ; attestation de formation du [date]
  • Contrôle des connaissances et du savoir-faire : évaluation théorique et pratique du [date], réalisée par [nom, organisme] ; le cas échéant, CACES n° [numéro], catégorie [ ], valable jusqu'au [date]
  • Connaissance des lieux et des consignes : présentation du site et remise des consignes le [date], par [nom]

4. Validité et signatures

  • Validité : jusqu'au [date fixée par l'employeur], et au plus tard jusqu'à la fin de validité de l'attestation médicale
  • Mention : « Cette autorisation n'est valable que tant que les conditions de sa délivrance restent remplies. »
  • Fait à [lieu], le [date]
  • Signature de l'employeur : [nom, fonction, signature]
  • Signature du salarié : [mention « pris connaissance », date, signature]

Gardez avec l'autorisation la copie de l'attestation médicale, que l'employeur doit conserver, ainsi que l'attestation de formation et les résultats de l'évaluation : ils montrent sur quoi repose votre décision.

Nos formations à la conduite en sécurité (AFCS)

Six formations construites sur les recommandations de la Cnam, conclues par une évaluation théorique et pratique et une attestation de formation.

Former vos conducteurs avant l'autorisation

Indiquez-nous les engins utilisés dans votre entreprise et le nombre de conducteurs : nous préparons la session AFCS dans vos locaux et vous envoyons un devis.

FAQ

Questions fréquentes sur l'autorisation de conduite

Validité, CACES, pont roulant : les réponses aux questions des employeurs.

L'employeur établit et signe un document au nom du salarié, qui précise les engins qu'il l'autorise à conduire. Il fonde sa décision sur trois éléments : l'attestation de non contre-indication médicale, le contrôle des connaissances et du savoir-faire, et la connaissance des lieux et des consignes du site (arrêté du 26 septembre 2025, article 3). Le modèle d'autorisation de conduite proposé par KSH Formation reprend ces rubriques.

L'employeur, en tant que chef d'établissement. Il l'établit et la remet au salarié après une évaluation qui tient compte de l'attestation médicale, des connaissances et du savoir-faire, et de la connaissance du site (arrêté du 26 septembre 2025, article 3). Ni l'organisme de formation ni le testeur CACES ne la délivrent ; pour un intérimaire, c'est l'entreprise utilisatrice qui la signe.

Aucun texte ne lui fixe de durée. Elle reste valable tant que toutes ses conditions sont réunies, à commencer par l'attestation de non contre-indication médicale, qui vaut 5 ans. L'employeur peut inscrire une date de fin sur le document et doit réactualiser la formation chaque fois que nécessaire.

L'autorisation de conduite est une décision de l'employeur, obligatoire pour six familles d'engins. Le CACES est un certificat obtenu après des tests passés chez un organisme testeur certifié, valable 5 ans (10 ans pour la R482) et facultatif. Il peut servir de preuve des compétences avant l'autorisation, sans la remplacer.

Une formation à la conduite en sécurité adaptée à l'engin, que le Code du travail impose à tout conducteur (article R4323-55). Aucun texte n'en fixe la durée ; les recommandations de la Cnam, comme la R489 pour les chariots ou la R486 pour les nacelles, proposent un contenu minimal. Chez KSH Formation, l'AFCS dure 14 h, ou 7 h pour les ponts roulants, et se termine par une évaluation théorique et pratique.

La réglementation ne l'impose pas : les ponts roulants ne figurent pas dans la liste de l'arrêté du 26 septembre 2025. La recommandation R484 de la Cnam conseille pourtant de la délivrer après formation et évaluation. La formation du pontier, elle, est obligatoire (article R4323-55).